Sur la rive droite d'Amiens, les limons de plateau coiffant la craie produisent des sols fins sensibles au gel, alors qu'à deux kilomètres, dans le quartier Saint-Leu, les alluvions tourbeuses de la Somme imposent une approche radicalement différente pour caractériser la fraction argileuse. L'analyse granulométrique par tamisage et hydromètre devient alors le seul moyen fiable de quantifier cette variabilité, car la distribution dimensionnelle des grains commande à la fois le comportement drainant, la sensibilité au retrait-gonflement et la stabilité sous charge. Le laboratoire qui intervient sur Amiens applique la norme NF P94-056 pour le tamisage à sec et sous eau jusqu'à 80 µm, puis la NF P94-057 pour la sédimentométrie, l'ensemble sous accréditation COFRAC. Avant toute fondation en zone inondable, nous recommandons de coupler cette analyse avec un essai CPT pour corréler la stratigraphie fine aux classes granulométriques, et avec les limites d'Atterberg lorsque la fraction argileuse dépasse 15 %, ce qui est fréquent dans les sols de comblement des anciens bras de la Somme.
La courbe granulométrique d'un sol d'Amiens raconte son histoire : alluvions transportées par la Somme, limons éoliens déposés sur la craie, remblais anthropiques. Chaque pic et chaque palier oriente le dimensionnement.
Considérations locales
Sur un projet de réhabilitation d'un îlot rue des Trois Cailloux, en plein centre piétonnier, la fouille a révélé un remblai hétérogène mêlant silex, briques pilées et limon argileux noirâtre sur trois mètres d'épaisseur. Le maître d'ouvrage envisageait des fondations superficielles, mais l'analyse granulométrique a montré un passant à 80 µm de 55 %, avec une fraction argileuse de 18 % indiquant un sol très plastique et potentiellement gonflant en période humide. Sans tamisage ni sédimentométrie, cette couche aurait été traitée comme un simple remblai granulaire ; en réalité, elle exigeait une purge partielle et un remplacement par un matériau drainant calibré. Ce cas illustre le risque majeur à Amiens : les remblais historiques, issus des reconstructions d'après-guerre et des comblements de bras morts, ne peuvent être qualifiés sans une courbe granulométrique complète. Le compactage d'un sol mal caractérisé conduit à des tassements différentiels que les structures en maçonnerie traditionnelle du quartier Saint-Leu tolèrent très mal.
Questions fréquentes
Quel est le prix d'une analyse granulométrique complète à Amiens ?
Pour un essai combinant tamisage et sédimentométrie dans la métropole amiénoise, le tarif se situe généralement entre 90€ et 170€ par échantillon, selon la fraction fine et le nombre de tamis demandés. Un tamisage seul (matériau grenu, Dmax ≤ 80 mm) coûte moins cher. Le prix inclut le rapport avec courbe granulométrique, calcul de Cu et Cc, et classification GTR.
Quand faut-il réaliser un essai à l'hydromètre en complément du tamisage ?
L'essai à l'hydromètre devient obligatoire dès que la fraction passant à 80 µm dépasse 10 % de la masse totale. À Amiens, cette situation est très fréquente dans les limons de plateau et les alluvions fines de la Somme. Sans sédimentométrie, vous ignorez la proportion d'argile (particules < 2 µm), ce qui empêche toute évaluation correcte du risque de retrait-gonflement et du comportement à long terme sous fondation.
Quel volume de sol prélever pour une analyse granulométrique fiable ?
La norme NF EN ISO 17892-4 recommande une masse minimale d'échantillon remanié qui dépend du Dmax supposé. Pour les sols fins limono-argileux typiques d'Amiens, 2 à 5 kg suffisent. En présence de graviers (terrasses de la Somme), nous demandons 10 à 15 kg pour garantir la représentativité. L'échantillon doit être conditionné en sac étanche immédiatement après prélèvement pour éviter toute perte d'humidité.