La norme NF P94-130 pour les essais Lefranc et la NF P94-131 pour les essais Lugeon encadrent strictement la mesure de perméabilité in situ, et à Amiens, cette rigueur prend tout son sens. La géologie locale est un millefeuille complexe : vous avez d'abord les craies séno-turoniennes typiques de la Picardie, qui peuvent être diaclasées et karstifiées, puis des alluvions modernes de la Somme avec des lentilles tourbeuses héritées des anciens marais. Le centre-ville est traversé par un réseau de souterrains médiévaux et de cavités qui influencent directement la circulation de l'eau. Ce n'est pas un terrain où l'on peut extrapoler la perméabilité depuis un simple échantillon remanié ; la fracturation, la cimentation et les chenaux préférentiels dans la craie dictent le comportement hydraulique réel. Dans notre laboratoire, nous considérons que pour un projet d'infiltration des eaux pluviales ou une excavation profonde près de la cathédrale, seul l'essai en place capture la réponse du massif à l'échelle pertinente, en évitant l'effet d'échelle qui fausse souvent les essais de laboratoire sur sols très hétérogènes. On combine parfois cette investigation avec un essai au pénétromètre statique CPT pour corréler la perméabilité avec la stratigraphie fine des couches compressibles des vallées.
Dans la craie fracturée d'Amiens, un essai Lugeon bien mené remplace avantageusement dix essais de laboratoire pour saisir l'anisotropie réelle du massif.
Méthodologie et portée
Quand on compare le secteur de Saint-Leu, en bord de Somme, avec les plateaux crayeux de Saint-Maurice, les différences de comportement hydraulique sont radicales. Dans les hortillonnages et le quartier Saint-Leu, le niveau de la nappe est sub-affleurant une bonne partie de l'année, dans des alluvions sablo-argileuses mêlées à des vases organiques ; nos essais Lefranc à charge variable y montrent régulièrement des conductivités de l'ordre de 10⁻⁶ à 10⁻⁷ m/s, avec une forte anisotropie liée à la superposition de lits tourbeux. En revanche, sur les hauteurs de Saint-Maurice ou près du CHU, on fore dans la craie massive du Sénonien, et là, c'est le Lugeon qui devient indispensable car la fracturation verticale peut faire passer la perméabilité de quasi nulle à 50 unités Lugeon sur deux mètres de profondeur. Ce contraste entre la plaine alluviale compressible et le plateau crayeux fissuré, c'est le quotidien des fondations à Amiens. L'essai Lefranc nous donne la perméabilité ponctuelle dans les sols meubles au-dessus de la nappe, tandis que le Lugeon caractérise le massif rocheux sous pression, essentiel pour tout projet de pieux ou de rabattement de nappe. Un des pièges classiques ici, c'est la présence de poches de dissolution dans la craie, remplies d'argile de décalcification, qui créent des barrières étanches locales que seul un essai en forage peut détecter avant de dimensionner un dispositif de drainage.
Considérations locales
Sur le terrain, notre équipe opère avec une sondeuse équipée d'un obturateur simple ou double, et un contrôleur débit-pression numérique qui enregistre la réponse en continu. Le plus gros risque à Amiens, spécifiquement dans les craies, c'est le débourrage de la cavité pendant l'essai Lugeon. Si on monte en pression par paliers sans avoir parfaitement nettoyé le forage, les cuttings résiduels colmatent les fissures et faussent toute la courbe débit/pression — on obtient une perméabilité artificiellement basse qui peut faire sous-dimensionner un système de rabattement. Autre point critique : dans le marais des hortillonnages, les sols sont si mous que la cavité d'essai Lefranc peut s'effondrer avant la fin de la saturation si on ne la chemise pas correctement. Nous utilisons systématiquement un tube crépiné adapté au diamètre du forage et on laisse stabiliser le niveau piézométrique avant de lancer le test. Un essai bâclé dans ces alluvions tourbeuses peut conduire à un projet d'infiltration inefficace, avec des venues d'eau non anticipées en fond de fouille qui déstabilisent les talus.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un essai Lefranc et un essai Lugeon, et quand les utiliser à Amiens ?
Le Lefranc s'applique aux sols meubles — alluvions, limons, craie décomprimée — tandis que le Lugeon est conçu pour la roche fracturée, typiquement la craie saine du Sénonien. À Amiens, nous utilisons le Lefranc dans les fonds de vallée du quartier Saint-Leu ou près de la Somme, et le Lugeon sur les plateaux comme à Saint-Maurice ou pour les projets avec ancrages dans la craie massive.
Combien coûte un essai de perméabilité sur site à Amiens et de quoi dépend le prix ?
Le budget se situe entre €520 et €810 selon la profondeur du forage, le type d'essai (Lefranc ou Lugeon) et le nombre de paliers de pression. L'essai Lugeon, plus long en raison des cinq paliers normatifs, se situe plutôt dans la fourchette haute, surtout si l'accès au site nécessite une sondeuse compacte pour le centre-ville.
Quel délai pour obtenir les résultats d'un essai de perméabilité à Amiens ?
L'essai lui-même dure entre 2 et 4 heures une fois le forage stabilisé. Le rapport incluant l'interprétation des courbes débit/pression et les valeurs de conductivité hydraulique est généralement transmis sous 48 à 72 heures ouvrées, selon le nombre d'essais réalisés.